Notre histoire en quelques mots…

Alphonse KOECHLIN, employé de banque mulhousien, devenu aveugle vers l’âge de 30 ans, fonde «l’œuvre Evangélique d’Illzach en faveur des Aveugles» en  1856,  avec  l’aide  financière  de  Jacques  SCHEIDECKER, aveugle lui aussi. L’oeuvre, reconnue d’utilité publique en 1863 par décret de l’Empereur Napoléon III, s’agrandit rapidement (salles d’étude, ateliers, dortoirs), accueille 40 aveugles et devient l’«Institution des Aveugles d’Illzach». L’imprimerie édite une grande partie de la Bible en « Perldruck » (majuscules latines en relief utilisées par les aveugles de langue allemande) quoique KOECHLIN soit un ardent défenseur de l’écriture Braille. La société protestante soutient activement l’ «  Asile  » et assure une présence quasi exclusive au Conseil d’Administration.

Martin KUNZ

Martin KUNZ, jeune pédagogue suisse, lui succède en 1881. Il se fait remarquer aux Congrès inter- nationaux des pédagogues d’aveugles. Grâce aux cartes en relief de son invention, il donne à l’établissement une réputation mondiale : plus de 100 000 cartes et images en relief sortent des ateliers d’Illzach pour être employées dans la plupart des écoles d’aveugles du monde ; nombre d’entre elles sont faites sur commande. Aux ateliers traditionnels (cannage, brosserie, vannerie), il ajoute la corderie. Il forme des organistes et des accordeurs de piano. De 1880 à 1910 huit instituteurs spécialisés sortent de l’Institution. "Vie et oeuvre de Martin KUNTZ, histoire de l'institut pour aveugles d'Illzach-Mulhouse en Alsace" a été publié en français par l'éditeur "Les doigts qui rêvent" http://www.ldqr.org/ en décembre 2014.

Tableau de ZWILLER – Martin KUNZ avec ses élèves

En 1918, Georges PREISS, directeur de l’École de Perfectionnement de Mulhouse, lui succède. Il adapte rapidement l’enseignement aux méthodes françaises et réorganise les ateliers dont l’activité s’est arrêtée pendant la guerre par suite du manque de matières premières. Il introduit une nouvelle branche d’activité pour les jeunes filles : la vannerie fine qui restera longtemps un débouché intéressant. De grands travaux sont ensuite engagés sous la responsabilité d’Adolphe HEITZMANN, arrivé en 1928 : restauration des immeubles en partie délabrés, modernisation des installations (chauffage central, …). Conférences, tournées de concerts, excursions, visites à des sociétés de la région, permettent la collecte des fonds nécessaires à ces travaux et établissent un contact entre les aveugles et le monde des voyants. Entre deux bombardements désastreux mais sans victime (par les troupes allemandes en juin 1940 et par l’aviation américaine en 1945) les aveugles illzachois et une quarantaine d’aveugles badois installés par l’occupant cohabitent pacifiquement.Après la guerre et la reconstruction des bâtiments, priorité est donnée à la rééducation professionnelle. L’imprimerie reprend grâce à un jeune prisonnier de guerre allemand qui redécouvre la technique de Martin KUNZ. L’industrialisation ruine des métiers (brossiers, …) mais des entreprises s’ouvrent aux aveugles, la radio et les possibilités d’enregistrements suppléent le Braille, la protection sociale évolue …

A partir de 1957 se renforce l’adaptation aux nouvelles techniques et aux progrès scientifiques et médicaux : ouverture d’une école publique pour malvoyants, construction d’un centre orthoptique et pléoptique. En 1967, la création du Centre de Rééducation de l'Audition et du Langage permet l’admission des premiers élèves déficients auditifs, et l’ouverture du Collège d’Enseignement Secondaire, ainsi qu’une formation  horticole  (les  jeunes  du  Phare  assurent l'entretien  du  parc). L’Asile des Aveugles a réussi sa mutation en Institut Médico-Pédagogique. 

Ouvrage imprimé par Alphonse KOECHLIN 1860

En 1974 s’engage la construction de nouveaux bâtiments scolaires et d’un complexe sportif, l’installation de l’informatique, l’introduction de la Langue des Signes (longtemps interdite), et création du C.A.M.S.P. (Centre d'Action Médico-Sociale Précoce Spécialisé) spécialisé pour les déficients sensoriels en 1982.

S’élaborent au cours des années quatre-vingt dix, les conditions nécessaires à l’intégration scolaire des élèves de la Fondation « Le Phare », déficients auditifs et déficients visuels. En 2002 davantage d’enfants sont scolarisés à l’extérieur de la Fondation qu’à l’intérieur, et en 2008 tous les enfants sont scolarisés en milieu ordinaire ! 

C’est en 2005 que la Fondation investit une nouvelle déficience avec les Troubles Spécifiques du Langage Oral et Ecrit (T.S.L.O.E.) et plus particulièrement la «dysphasie»

Entre temps la Fondation a également pris la décision de s'investir l’accompagnement des adultes déficients visuels (2004) et auditifs (2008) en créant un S.A.V.S. (Service d’Aide à la Vie Sociale).

En 2007 la fondation dite «  Institution des Aveugles d’Illzach  » prend le titre de «Fondation Le Phare».

En 2010 démarre une collaboration avec des instituts partenaires afin de permettre un accompagnement conjoint des enfants déficients sensoriels ayant un handicap associé.